On considère souvent le conservatisme comme un terme rivé au patrimoine et à la culture qui supposerait de figer le réel et de le conserver en l’état, un peu à la manière d’un conservateur du patrimoine. C’est peut-être pour cette raison qu’est née cette confusion. A l’inverse de cette approche, il nous semble que le conservatisme est une doctrine globale qui a vocation à englober des thématiques aussi diverses que l’identité, l’écologie, la transmission, l’héritage, l’école, l’économie, la famille.

En effet, il s’agit de conserver l’homme et tout l’homme, ainsi que le cosmos dans lequel il évolue. Il est donc évident qu’un des terrains d’application privilégiée du conservatisme se trouve être l’écologie. Alors que le progressisme aura tendance à sacrifier le futur au présent, le conservatisme sait que la terre est fragile, que ses ressources sont limitées, et n’envisage pas une seconde de pouvoir mener une politique économique et sociale qui ruinerait les grands équilibres écologiques de la planète. Si l’homme doit rester au centre des préoccupations politiques, la personne humaine est indissociable du cosmos qui l’entoure et la préoccupation croissante pour l’amélioration des conditions de vie et de dignité de l’homme doit nous conduire, parallèlement, à vouloir conserver le cadre naturel dans lequel il évolue. Telle est une des dimensions les plus innovantes et modernes de ce conservatisme.